Actualités / 13 juin 2022
Retour à toutes les actualitésLe 25 mai 2022, le Groupe de travail mondial de lutte contre le choléra (GTFCC) a organisé son événement annuel en marge de l’Assemblée mondiale de la santé (AMS). L’événement de cette année était intitulé « Engagements et réengagements : tirer parti du partenariat et de la collaboration pour mettre fin au choléra ».

M. Hakainde Hichilema, Président de la République de Zambie, prononce une allocution vidéo lors de l’événement parallèle du GTFCC dans le cadre de l’Assemblée mondiale de la santé de 2022.
L’événement a eu lieu à la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et a mis en lumière des exemples inspirants de résilience dans la lutte contre le choléra. Il a mis en évidence la persévérance, l’organisation et l’ingéniosité des efforts déployés par les pays pour lutter contre la maladie en dépit des pressions extrêmes exercées sur les ressources et des défis posés par la pandémie de COVID-19. Outre les partenaires et les autres intervenants de haut niveau, dix pays ont participé directement à l’événement, avec la présence de six ministres de la Santé. Des chiffres encourageants, dans la mesure où les intervenants ont souligné tout au long de l’événement l’importance capitale de la coordination et de la volonté politique pour atteindre les objectifs de la feuille de route.
Pour illustrer cet engagement politique fort, M. Hakainde Hichilema, président de la Zambie, a accepté, à l’invitation de l’OMS, de se faire champion de la lutte contre le choléra. Dans une allocution vidéo diffusée lors de l’événement, le président Hichilema a souligné l’importance des champions dans la promotion des programmes nationaux et mondiaux de lutte contre le choléra. Il a également réaffirmé l’engagement de la Zambie dans la lutte contre le choléra et a appelé les autres pays et partenaires à prendre des mesures similaires.
Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a également pris la parole lors de l’événement, soulignant encore que le choléra reste « une maladie inhérente aux inégalités ». Rappelant que la maladie a été éradiquée dans les pays du Nord depuis plus de 150 ans, le directeur général a rappelé aux participants que le choléra « touche presque exclusivement les communautés qui ne disposent pas d’un accès adéquat à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, ainsi que les personnes déplacées ».

Les participants écoutent l’allocution du Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, lors de l’événement parallèle du GTFCC dans le cadre de l’Assemblée mondiale de la santé de 2022.
Les allocutions de haut niveau, notamment celles de Jagan Chapagain, secrétaire général de la FICR, et de Xavier Castellanos Mosquera, secrétaire général adjoint de la FICR chargé du développement des sociétés nationales et de la coordination des opérations, ont été complétées par trois temps de discussion. La première, intitulée « Mettre en évidence la flexibilité des approches mondiales pour mettre fin au choléra » a réuni des intervenants du ministère de la Santé de la République démocratique du Congo, de la Direction suisse du Développement et de la Coopération, du ministère de la Santé de Zambie, de l’agence de santé publique des États-Unis (CDC), du ministère de la Santé de Zanzibar et de l’UNICEF. La deuxième session, intitulée « Exploiter les informations et les données pour élaborer des stratégies de lutte contre le choléra, de prévention et de recherche » a réuni des représentants du ministère népalais de la Santé et de la Population, de Médecins Sans Frontières, du ministère bangladais de la Santé et de la Famille, de WaterAid, du Centre nigérian de contrôle des maladies et de Wellcome. Au cours de la troisième session, intitulée « Garantir la flexibilité des engagements renouvelés en faveur de la lutte mondiale contre le choléra », des représentants de l’OMS, du ministère de la Santé et de la Population de la République d’Haïti, de la Fondation Bill & Melinda Gates, du ministère de la Santé de la République du Mozambique, du ministère de la Santé et de la Protection de l’enfance du Zimbabwe, et de Gavi (l’Alliance du vaccin) ont eu l’occasion de réaffirmer leur soutien à la lutte contre le choléra.
Grâce au soutien du GTFCC et de ses partenaires, plusieurs pays ont enregistré récemment des succès notables en matière de lutte contre le choléra. L’année dernière, le Bangladesh, le Cameroun, l’Éthiopie, le Népal, le Niger et le Nigeria ont tous réagi avec succès à des épidémies de choléra. Des pays comme la République démocratique du Congo, le Malawi, la Tanzanie, l’Ouganda, le Yémen et la Zambie ont mené des campagnes de prévention avec le vaccin oral contre le choléra (OCV), malgré le fait que la COVID-19 et d’autres pressions, notamment les catastrophes naturelles et les troubles politiques, menaçaient de réduire à néant les progrès accomplis. À l’avenir, le Soudan du Sud, le Bangladesh, le Nigeria et l’Éthiopie prévoient de relancer des campagnes de prévention. Haïti célèbre trois années sans choléra, un exploit inimaginable il y a à peine plus de dix ans, époque où le pays a connu l’épidémie de choléra la plus grave et la plus meurtrière de l’ère moderne. Au cours de cet événement, deux autres États membres de l’OMS — l’Éthiopie et le Kenya — ont lancé des plans nationaux multisectoriels de lutte contre le choléra basés sur les six piliers stratégiques du GTFCC : surveillance et signalement ; renforcement des systèmes de soins de santé ; eau, assainissement et hygiène (WASH) ; leadership et coordination multisectorielle ; utilisation du vaccin oral contre le choléra (OCV) ; et implication des communautés.
Le travail des pays et des partenaires du GTFCC a permis de réduire le nombre de cas de choléra et de décès ces dernières années, mais les données préliminaires pour 2021 montrent une résurgence massive. Les tendances pour 2022 sont préoccupantes, au moins 14 pays ayant déjà connu de nouveaux foyers à ce jour. Si ces épidémies ont été largement maîtrisées grâce aux efforts des autorités nationales et au soutien du GTFCC, chaque intervention épuise les réserves limitées d’OCV et des autres produits de base. Cela exerce également une pression sans précédent sur les ressources mondiales et les systèmes de santé des pays touchés. Pour éviter ces pressions et progresser, il faut une action concertée entre les secteurs, une utilisation stratégique des outils existants et une approche commune d’une menace commune, fondée sur l’équité.
À cette fin, le Dr Tedros a appelé à un effort collectif urgent pour accroître le soutien dans trois domaines :
Le GTFCC continuera de piloter les efforts mondiaux de prévention et de maîtrise du choléra, notamment en s’appuyant sur les forces, les compétences et les ressources de chacun de ses membres.
Le GTFCC est un partenariat de plus de 50 institutions, dont des ONG, des établissements universitaires et des agences des Nations unies. Il rassemble des organisations travaillant dans différents secteurs par le biais d’une plateforme visant à soutenir les pays dans la mise en œuvre de la Feuille de route mondiale du GTFCC « Mettre fin au choléra à l’horizon 2030 », une stratégie mondiale commune visant à réduire de 90 % le nombre de décès dus au choléra et à éliminer le choléra dans 20 pays d’ici 2030. Le secrétariat du GTFCC, hébergé par l’OMS, fonctionne par l’intermédiaire de son mécanisme d’aide aux pays, à savoir la plateforme de soutien aux pays (CSP), qui est hébergée par la FICR et fournit un soutien direct au niveau des pays dans les zones géographiques prioritaires.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
La coordinatrice du secrétariat du GTFCC : Marion Martinez Valiente, agente technique de l’OMS, gtfccsecretariat@who.int
La plateforme de soutien aux pays du GTFCC : Jayanthi Palani, responsable de la mobilisation des ressources et du plaidoyer de la FICR, countrysupportplatform@ifrc.org