Les dirigeants mondiaux appellent à s’engager pour mettre fin à l’urgence mondiale du choléra

Actualités / 3 juin 2024

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Bien que l’approvisionnement en vaccins devrait augmenter, les épidémies de choléra continuent de mettre à rude épreuve les systèmes de santé.

Le mercredi 29 mai 2024, sept pays et dix partenaires majeurs du secteur de la santé affiliés au Groupe de travail mondial de lutte contre le choléra (GTFCC) se sont réunis pour manifester leur engagement multisectoriel à mettre fin à l’urgence mondiale liée au choléra. Cette réunion, organisée en marge de la 77e Assemblée mondiale de la santé (AMS), a eu lieu alors que le choléra continue de ravager des communautés dans le monde entier et que les stocks de vaccins ne suffisent pas à répondre aux besoins croissants.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en partenariat avec le GTFCC, ont co-organisé cet événement parallèle, appelant à une action collective immédiate alors qu’il ne reste que six ans pour atteindre les objectifs de la Feuille de route mondiale 2030 du GTFCC. Intitulé « S’unir contre l’urgence mondiale du choléra : donner les moyens d’agir aux communautés, faciliter les actions multisectorielles et mobiliser les ressources », cet événement a eu lieu au bureau de la FICR à Genève, en Suisse, et a rassemblé des représentants de gouvernements nationaux, d’organisations internationales non gouvernementales, d’organisations subventionnaires et partenaires, et d’agences des Nations Unies.

Des responsables mondiaux du secteur de la santé ont insisté sur la nécessité cruciale d’un financement durable pour améliorer les services d’approvisionnement en eau potable, d’assainissement et d’hygiène (WASH), renforcer la surveillance des maladies dans les zones touchées par le choléra et développer la production locale de vaccins oraux contre le choléra. La prise en charge des cas et l’implication continue des communautés pour la prévention des infections ont également été abordées.

Les ministres de la Santé et les représentants nationaux du Bangladesh, du Liban, du Malawi, du Mozambique, du Népal et du Zimbabwe, s’exprimant au nom des pays touchés par le choléra, ont souligné l’urgence d’une approche multisectorielle coordonnée, compte tenu notamment des effets conjugués des facteurs liés au climat, de l’insécurité économique, des conflits, de l’urbanisation, de la croissance démographique et des déplacements de population.

Le choléra, une maladie diarrhéique grave qui touche également les enfants, est un problème de santé mondial persistant, qui affecte particulièrement les populations ayant un accès limité à l’eau potable et à l’assainissement. Ces dernières années, le monde a été témoin d’une résurgence aiguë de la pandémie de choléra, qui sévit depuis longtemps. À l’heure actuelle, 23 pays signalent des épidémies, qui ont fait des milliers de morts.

Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général de la FICR, M. Jagan Chapagain, a déclaré : « Nous ne pouvons accepter une telle perte de vies humaines due à une maladie qui est tout à fait évitable et traitable avec les outils dont nous disposons au XXIe siècle. Cet événement nous rappelle brutalement qu’il reste encore beaucoup à faire à l’approche de 2030. Nous devons de toute urgence recentrer nos efforts et placer la lutte contre le choléra au premier plan des dialogues mondiaux, tout en la soutenant par des investissements concrets au niveau local. »

La recrudescence du choléra a mis les systèmes de santé sous pression et la demande de vaccins a largement dépassé les stocks disponibles, ce qui a incité les agences à mettre en place des mesures d’urgence pour gérer les stocks disponibles en 2022. M. Thabani Maphosa, directeur général de l’exécution des programmes nationaux chez Gavi, l’Alliance du vaccin, a souligné que « nous avons considérablement augmenté l’approvisionnement en vaccins au cours de la dernière décennie, et nous sommes en train de reconstituer les stocks après un épuisement début 2024 des suites des urgences liées au choléra. Avec le nouveau vaccin oral simplifié contre le choléra, nous sommes en bonne voie pour atteindre 50 millions de doses en 2024, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2023. » En référence aux efforts de Gavi pour collecter des fonds entre 2026 et 2030, notamment pour financer le stock mondial d’OCV, la vaccination de prévention et d’urgence et le diagnostic du choléra, il a ajouté : « Le réapprovisionnement est pour nous tous, et je vous invite à en être les ambassadeurs. »

Le Dr Michael Ryan, directeur général adjoint de l’OMS et directeur exécutif du programme d’urgence sanitaire de l’OMS, a qualifié le choléra de « symbole diabolique du changement climatique, de la pauvreté et de l’injustice sociale à tous les niveaux ». Le Dr Ryan a également rappelé aux participants que le choléra est « une pandémie qui n’a jamais pris fin », soulignant que la solution ultime pour éradiquer cette maladie réside dans l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. « Le vaccin contre le choléra est un piètre substitut à un verre d’eau propre », a-t-il déclaré.

Le directeur général adjoint de l’UNICEF, M. Ted Chaiban, a souligné l’importance de l’implication des communautés pour garantir un avenir sans choléra, appelant à « des ressources supplémentaires et des mesures immédiates pour garantir l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour toutes les communautés », étant donné que « 2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable gérée de manière sûre et 3,6 milliards de personnes n’ont pas accès à des installations sanitaires gérées de manière sûre ».

Mme Christine Toudic, représentante permanente adjointe de la mission permanente de la France auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse, a appelé à une mobilisation accrue des partenaires pour lutter contre le choléra, maladie qui touche principalement les populations des pays dont les systèmes de santé sont les plus fragiles. Mme Toudic a annoncé que l’engagement du gouvernement français sera réaffirmé à Paris le 20 juin 2024, lors d’un événement de haut niveau organisé conjointement avec l’Union africaine, Gavi et les partenaires de Team Europe pour le lancement de l’Accélérateur africain de production de vaccins (AVMA) et la reconstitution des ressources de Gavi pour la période 2026-2030.

Alors que le monde est confronté aux défis permanents que représentent les épidémies de choléra qui semblent sans fin, il est essentiel de coordonner les efforts mondiaux et de maintenir les investissements. Le GTFCC et ses partenaires restent déterminés à donner les moyens d’agir aux communautés, à faciliter les actions multisectorielles et à mobiliser les ressources nécessaires pour mettre fin au choléra, comme l’ont confirmé les participants lors de l’événement parallèle. Cette réalité a été soulignée par la participation des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) en Afrique et aux États-Unis, de Médecins Sans Frontières (MSF), de la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC), de Wellcome, de la Fondation Bill et Melinda Gates et de Gavi, l’Alliance du Vaccin, à l’événement.

Le message était et reste clair : pour parvenir à l’équité, à la sécurité et à la résilience en matière de santé mondiale, il faut vaincre le choléra.

Notes à la rédaction

À propos des épidémies de choléra

En 2022, 44 pays ont signalé des cas de choléra, soit une augmentation de 25 % par rapport aux 35 pays ayant signalé des cas en 2021. Les données complètes pour 2023 seront publiées par l’OMS dans le courant de l’année, mais les tendances préliminaires indiquent que la situation reste préoccupante. Depuis le début de l’année 2023, un total de 824 479 cas de choléra et 5 900 décès ont été signalés. Ces chiffres sont largement sous-estimés par rapport à la réalité, car les capacités de détection et de signalement sont entravées par un accès insuffisant aux zones touchées par les conflits, des capacités de surveillance limitées, la stigmatisation, etc. Le taux de létalité élevé, qui dépasse actuellement le seuil de 1 % dans plusieurs régions, est particulièrement préoccupant. Sept pays (les Comores, la RDC, l’Éthiopie, Haïti, la Somalie, le Yémen et le Zimbabwe) sont actuellement confrontés à des crises aiguës. Des foyers apparaissent également dans des régions qui n’ont pas connu de choléra depuis des décennies, comme la Syrie, le Liban, l’Afrique du Sud, l’Eswatini et le département français de Mayotte. L’urgence avec laquelle il faut traiter et contenir ces épidémies ne peut être surestimée, car un milliard de personnes sont exposées au risque d’infection par le choléra.

Orateurs et représentants

Parmi les intervenants de marque figuraient : Dr Firass Abiad, ministre de la Santé du Liban, Dr Douglas Mombeshora, ministre de la Santé et de la Protection de l’enfance du Zimbabwe, M. Pradeep Yadav, ministre de la Santé et de la Population du Népal, M. Mamunur Rashid, co-secrétaire du ministère de la Santé et de la Famille du Bangladesh, Dr Nitta Nayeja, responsable adjoint des services cliniques du ministère de la Santé du Malawi, Dr Sofia Vieira, directrice générale adjointe de l’Institut national de la santé (INS) du Mozambique, et Mme Christine Toudic, représentante permanente adjointe de la mission permanente de la France auprès de l’ONU.

Parmi les autres intervenants de haut niveau figuraient : M. Jagan Chapagain, secrétaire général de la FICR, Dr Michael Ryan, directeur général adjoint de l’OMS et directeur exécutif du programme d’urgence sanitaire de l’OMS, M. Ted Chaiban, directeur général adjoint de l’UNICEF, Dr Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique, Dr Kayla Laserson, directrice du Global Health Center du CDC États-Unis, Dr Maria Guevara, secrétaire médicale internationale de MSF, M. Stuart Vallis, représentant Santé et WASH de la DDC, Dr John-Arne Røttingen, directeur général de Wellcome, Mme Rachel Toku-Appiah, directrice des programmes de plaidoyer et de communication (Afrique) de la Fondation Bill et Melinda Gates, et M. Thabani Maphosa, directeur général de l’exécution des programmes nationaux de Gavi, l’Alliance du vaccin.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

La coordinatrice du secrétariat du GTFCC : Marion Martinez Valiente, agente technique de l’OMS, gtfccsecretariat@who.int

La plateforme de soutien aux pays du GTFCC : Jayanthi Palani, responsable de la mobilisation des ressources et du plaidoyer de la FICR, countrysupportplatform@ifrc.org